Des caribous photographiés en Alaska. — Tim Plowden/REX/REX/SIPA
Réchauffement climatique, recul de la glace de mer, interactions plus fréquentes avec les touristes, développement industriel… Autant de menaces qui pèsent sur les deux derniers troupeaux de morses du Canada et une énième harde de caribous qui sont aujourd’hui « menacés de disparition » dans l’Arctique. Le nombre d’espèces sauvages du Nord canadien considérées comme étant en péril atteint maintenant 62 espèces, a précisé, ce lundi, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Cosepac) à l’issue de sa réunion bisannuelle.
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Le comité recommande que ces deux populations soient classées sous statut d’espèce « préoccupante ». Un tel statut obligerait le gouvernement à prendre des mesures pour contrer le déclin des troupeaux.
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De 800.000 têtes en 1993 à « quelques milliers d’animaux »
« Les morses ont été très importants pour les Inuits, à la fois comme nourriture et dans leur culture, et le demeurent encore à ce jour. Les morses sont particulièrement vulnérables aux perturbations et méritent certainement une attention particulière », a souligné l’expert en mammifères marins du comité, Hal Whitehead.
Le comité a aussi examiné pour la première fois le sort du caribou migrateur de l’Est, « célèbre harde » de la rivière George au Québec et au Labrador qui comptait plus de 800.000 têtes en 1993 et dont il ne reste plus que « quelques milliers d’animaux ». Le statut d’espèce « en voie de disparition » a été recommandé pour cette espèce de renne, ainsi que pour une deuxième harde qui, selon le Cosepac, connaît également « un grave déclin ».
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Un « changement climatique rapide dans le Nord »
Un expert du Cosepac, Graham Forbes, a souligné la vulnérabilité du caribou aux activités humaines qui viennent compliquer le « changement climatique rapide dans le Nord ». « Les arbustes couvrent de plus en plus des paysages autrefois dominés par le lichen, source de nourriture principale du caribou en hiver ; et la surexploitation se poursuit. Nous sommes préoccupés par le fait que ces facteurs puissent rendre très difficile le rétablissement des hardes », a précisé Graham Forbes.
Pour rappel, en décembre, le comité avait déjà jugé « menacé » le troupeau de la toundra et classé « en voie de disparition » celui des monts Torngat, aux confins de l’Arctique québécois et du Labrador.
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