La première ferme d’éoliennes flottantes émerge au large de l’Écosse

Cinq éoliennes flottantes, de 11 500 tonnes et 178 mètres de long, sont en cours d’installation aux abords des côtes écossaises de Peterhead.

La première ferme d’éoliennes flottantes est en installation depuis hier, en mer du Nord, à environ 25 km des côtes écossaises de la ville de Peterhead, rapporte le site de la BBC.Les cinq mastodontes qui la composent culmineront à 178 mètres au-dessus du niveau de la mer, si l’on prend en compte leurs pâles de 78 mètres de long. Ils tiendront sur une partie immergée plongeant à 80 mètres de profondeur, faisant de cette ferme le premier parc éolien capable de fonctionner en eaux profondes. Chacune pèse près de 11 500 tonnes.

La première éolienne a été positionnée hier, tractée en position verticale depuis son site de fabrication sur un fjord Norvégien. Les quatre autres devraient être installées d’ici la fin du mois. Bien que flottants, les engins seront amarrés aux fonds marins par de larges câbles pour les empêchant de dériver.

Une fois en activité, les turbines permettront d’alimenter en électricité l’équivalent de 20 000 foyers écossais.Cette prouesse technologique mise au point par la firme pétrolière norvégienne Statoil, en collaboration avec l’entreprise émiratie Masdar, spécialisée dans l’innovation en énergies renouvelables, a coûté 212 millions d’euros aux investisseurs tous certifiés « Renouvelables » par le gouvernement du Royaume-Uni.

Le coût de production de l’électricité produite par éoliennes offshore (en mer) est plus élevé que les autres sources de production (180 € par mégawattheure en 2015, en France, contre environ 100 € le MWh pour l’énergie nucléaire selon les estimations de la Commission de régulation de l’énergie), mais il a diminué de 32 % depuis 2012, une baisse qui a même dépassé les prévisions du gouvernement.

« Nous sommes sûrs que ce projet contribuera à diminuer les coûts de production de l’énergie éolienne en mer » a affirmé Leif Delp au journaliste de la BBC. La firme espère désormais implanter sa technologie aux abords des côtes japonaises et sur les côtes ouest des États-Unis, où les eaux profondes seraient propices à de telles infrastructures.

Bien qu’elle ne désapprouve pas cette technologie, une ONG écossaise de protection des oiseaux s’est opposée au chantier considérant « qu’il s’ajoute à une situation déjà problématique » avec un parc éolien déjà très fourni, qui menace les oiseaux marins dans cette région.

Malgré l’importance de cette innovation, les experts du Groupe Intergouvernementale sur l’évolution du climat avertissent que d’autres investissements sont grandement nécessaires pour permettre au Royaume-Uni de tenir ses engagements de réduction des gaz à effet de serre.